La dette technique : une supercherie mythologique pour galériens de l’IT

Owi flagelle moi dans la Soute de la Dette !
(Aucun collab’ java n’a été maltraité pour les besoins cette scène inspirée de faits réels)

le logiciel a besoin d’un retour sur investissement complet.

Les comptables ont fait beaucoup de mal à ce sujet [1]. Notamment, en permettant que s’impose cette idée de “dette technique”, qui ne correspond pour moi à aucune réalité. Parlons donc à la place sérieusement des caractéristiques et des conséquences de l’investissement technique. Tordons le coup une bonne fois pour toute à cette légende urbaine :

Supprimer du code, c’est investir

Le code n’est pas un bien matériel, ce n’est pas un immeuble comptable à amortir. Oui, je sais, c’est pas cool de bosser sur des objets un peu exotiques, mais c’est comme ça.

Cette charge mentale d’une mythique dette technique n’a aucune utilité business, au contraire, elle est extrêmement nocive.

S’en vouloir d’avoir créé une dette technique et de vivre dans le péché ne sert absolument à rien, à part stresser des équipes qui ont déjà tout ce qu’il leur faut à ce sujet. Il est plus sain d’avancer en assumant un risque maîtrisé d’investissement technique.

On investit (presque) dans le code comme dans l’immobilier

Il n’y a en réalité pas de dette technique, mais des décisions d’investissement, répondant à des objectifs de court, moyen ou long terme. Simplifions tout ça à dessein.

L’heure de développement rapportée au revenu qu’elle sécurise, génère ou économise est bien plus pertinente comme métrique. C’est une ligne d’investissement courte, mais rentable.

Le CTO, ce gestionnaire de portfolio immobilier

Tout comme l’immeuble de maître parisien perdra de la valeur si des investissements réguliers ne sont pas effectués pour l’entretenir, il faudra maintenir les dépendances d’un produit technologique pour qu’il reste à un niveau de standing satisfaisant ou gagne encore en qualité.

Bref (si, si),

La dette technique me parait une modélisation impropre des besoins de financement de l’IT, car elle laisse penser que tout logiciel porterait en lui une dette contractée étourdiment par l’équipe. Il n’en est rien, et chaque investissement logiciel, comme tous les autres investissements industriels dans des machines-outils, doit être regardé comme une ligne d’investissement dont on calcule en temps réel le retour sur investissement (ROI pour les intimes), ce qui inclut le coût d’acquisition (ou d’achat initial, de conception, d’écriture initiale interne ; il est amorti dans le temps, plus ou moins vite) et le coût d’entretien (qui est incompressible, sinon on dévalue son investissement).

Parce que c’est nier le fait absolu que nous faisons de l’industrie, que notre travail est de concevoir des machines outils se substituant à un cerveau humain, en y incluant son entretien, son évolutivité, son décommissionnement et son recyclage.

Ne nous quittons pas comme ça : je vous laisse avec cette discussion en quatre parties enregistrée il y a peu au DOJO, notre maison nantaise, avec Damien Cavaillès. On aborde notamment ce sujet et d’autres dans l’épisode ci-dessous :

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CEO @clever_cloud PaaS cloud computing company. We industrialize IT management to help developer to be happy and efficient and make organizations move fast.

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Quentin ADAM

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